{"id":253,"date":"2021-04-13T12:26:01","date_gmt":"2021-04-13T12:26:01","guid":{"rendered":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/bienfaits\/?post_type=chapter&#038;p=253"},"modified":"2021-11-04T10:05:18","modified_gmt":"2021-11-04T10:05:18","slug":"les-natifs-sont-ils-en-meilleure-sante-que-les-migrants","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/chapter\/les-natifs-sont-ils-en-meilleure-sante-que-les-migrants\/","title":{"raw":"Les natifs sont-ils en meilleure sant\u00e9 que les migrants ?","rendered":"Les natifs sont-ils en meilleure sant\u00e9 que les migrants ?"},"content":{"raw":"Plusieurs raisons font que l\u2019on quitte, volontairement ou non, son pays d\u2019origine. Que ce soit pour \u00e9viter des conflits ou pour chercher de meilleures opportunit\u00e9s, la vie d\u2019un migrant est sem\u00e9e d\u2019embuches\u00a0: repartir de z\u00e9ro, apprendre une nouvelle langue, se constituer un nouveau r\u00e9seau social, comprendre les particularit\u00e9s institutionnelles du pays, etc. Ce parcours d\u2019obstacles a-t-il un effet n\u00e9gatif sur la sant\u00e9 des migrants\u00a0? Sont-ils en moins bonne sant\u00e9 que les habitants du pays d\u2019accueil\u00a0?\r\n\r\nDeux recherches exploitant les donn\u00e9es de SHARE \u00e9tudient l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 et le bien-\u00eatre des migrants \u00e2g\u00e9s de 50\u00a0ans et plus qui, pour la plupart, sont r\u00e9sidents du pays d\u2019accueil depuis de nombreuses ann\u00e9es<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. En analysant de nombreux aspects de leur vie, les auteurs montrent l\u2019existence de diff\u00e9rences significatives entre migrants et natifs des pays d\u2019accueil. Ces deux recherches sont pr\u00e9sent\u00e9es dans ce chapitre.\r\n<h2>La sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e des migrants<\/h2>\r\nAm\u00e9lie F. Constant et ses coauteurs ont compar\u00e9, dans une recherche parue en 2017<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des migrants avec celui des natifs dans chaque pays, et analysent la fa\u00e7on dont celui-ci peut varier en fonction du temps pass\u00e9 dans le pays d\u2019accueil.\r\n\r\nEn utilisant les donn\u00e9es de deux vagues de l\u2019enqu\u00eate SHARE couvrant la p\u00e9riode 2007-2013 pour l\u2019Europe et Isra\u00ebl<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>, les auteurs observent que les migrants arrivant en Europe sont en moyenne en meilleure sant\u00e9 que les natifs. Pour essayer d\u2019expliquer l\u2019origine de cet avantage, les auteurs \u00e9mettent plusieurs hypoth\u00e8ses\u00a0:\r\n<ol type=\"i\">\r\n \t<li value=\"1\">motivation et ressources financi\u00e8res\u00a0: les personnes qui d\u00e9cident de migrer sont les plus motiv\u00e9es, et celles qui y parviennent ont g\u00e9n\u00e9ralement davantage de ressources financi\u00e8res. Ce dernier \u00e9l\u00e9ment est par ailleurs positivement corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 un bon \u00e9tat de sant\u00e9. Les politiques publiques \u00e9labor\u00e9es par le pays d\u2019accueil et destin\u00e9es aux migrants potentiels, en dehors des r\u00e9fugi\u00e9s, filtrent davantage les nouveaux arrivants\u00a0: pr\u00e9requis de dipl\u00f4me, d\u2019un minimum de ressources financi\u00e8res, etc. Les personnes qui correspondent \u00e0 ces crit\u00e8res ont en g\u00e9n\u00e9ral un niveau de sant\u00e9 sup\u00e9rieur aux autres\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>selon le pays, des v\u00e9rifications additionnelles peuvent \u00eatre organis\u00e9es lors de l\u2019arriv\u00e9e du migrant. Par exemple pour emp\u00eacher que certains d\u2019entre eux apportent des maladies inexistantes sur le territoire du pays d\u2019accueil\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les habitudes alimentaires et comportementales des migrants, acquises dans le pays et la culture d\u2019origine, sont dans certains cas, du point de vue sanitaire, meilleures que celles du pays d\u2019accueil.<\/li>\r\n<\/ol>\r\n<p class=\"first-paragraph\">Dans leur \u00e9tude, les chercheurs font la distinction entre les r\u00e9sultats qu\u2019ils obtiennent entre les pays europ\u00e9ens et Isra\u00ebl, en tant que pays de destination des migrants. Ils montrent que les politiques publiques cibl\u00e9es sur la migration y sont fondamentalement oppos\u00e9es et que cela a des cons\u00e9quences sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 relatif observ\u00e9 entre migrants et autochtones au sein de la population \u00e2g\u00e9e de 50\u00a0ans et plus.<\/p>\r\nPour les pays europ\u00e9ens analys\u00e9s, les trois hypoth\u00e8ses mentionn\u00e9es auparavant seraient dans la majorit\u00e9 des cas confirm\u00e9es, bien qu\u2019\u00e0 des degr\u00e9s divers. En revanche, dans le cas d\u2019Isra\u00ebl, la situation est fort diff\u00e9rente, due \u00e0 la politique dite de la \u00ab\u00a0Loi du retour\u00a0\u00bb, qui permet \u00e0 chaque personne d\u2019origine juive, en ce compris l\u2019\u00e9poux(se), enfants, beaux-enfants, etc., d\u2019aller vivre sur le territoire d\u2019Isra\u00ebl avec un statut de citoyen sans aucun pr\u00e9requis d\u2019aucune sorte. Les observations des auteurs pour ce pays sont donc plus pessimistes\u00a0: les migrants arriv\u00e9s ces derni\u00e8res d\u00e9cennies sont, en moyenne, en moins bonne sant\u00e9 que les personnes qui y r\u00e9sident depuis leur naissance.\r\n\r\nLe <b>GRAPHIQUE\u00a028<\/b> reprend l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e des personnes vivant en Europe\u00a0(<b>a<\/b>) ou en Isra\u00ebl\u00a0(<b>b<\/b>) selon leur statut de natif ou d\u2019ancien immigr\u00e9. S\u2019ils ont immigr\u00e9 dans ces r\u00e9gions, nous les distinguons en fonction du nombre d\u2019ann\u00e9es v\u00e9cues sur le territoire pour observer les diff\u00e9rences en termes d\u2019\u00e9tat de sant\u00e9. Les personnes \u00e9valuent leur \u00e9tat de sant\u00e9 dans l\u2019une des cinq cat\u00e9gories propos\u00e9es, de \u00ab\u00a0mauvais\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0excellent\u00a0\u00bb.\r\n\r\nCes distributions r\u00e9v\u00e8lent que les immigr\u00e9s arriv\u00e9s en Isra\u00ebl depuis moins de 20\u00a0ans sont en moins bonne sant\u00e9 que les autres\u00a0: pr\u00e8s de 80\u00a0% des immigr\u00e9s d\u00e9clarent en effet un \u00e9tat de sant\u00e9 m\u00e9diocre ou au mieux acceptable. En revanche, il semble que leur \u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019am\u00e9liore progressivement et que les diff\u00e9rences s\u2019estompent pour les personnes qui ont immigr\u00e9 depuis plus longtemps. En effet, la distribution devient presque identique \u00e0 celle des natifs, dont l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 est davantage distribu\u00e9 vers le milieu-droit du graphique.\r\n\r\nEn Europe, les diff\u00e9rences ne sont pas aussi nettes. Nous pouvons voir que les immigr\u00e9s arrivent l\u00e9g\u00e8rement en meilleure sant\u00e9 que les natifs, en moyenne\u00a0: ils sont relativement plus nombreux \u00e0 se d\u00e9clarer en \u00ab\u00a0tr\u00e8s bonne\u00a0\u00bb et en \u00ab\u00a0excellente\u00a0\u00bb sant\u00e9, lorsqu\u2019ils sont dans le pays depuis moins de dix ans. \u00c0 l\u2019instar du processus en Isra\u00ebl, les immigr\u00e9s en Europe rejoignent progressivement l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des natifs, et deviennent m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement en moins bonne sant\u00e9 que ces derniers si leur migration date de plus de vingt ans.\r\n<h5>Graphique 28 : immigration et \u00e9tat de sant\u00e9<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_454\" align=\"aligncenter\" width=\"2053\"]<img class=\"wp-image-454 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28.png\" alt=\"\" width=\"2053\" height=\"1169\" \/> <strong>D\u00fb \u00e0 une collecte diff\u00e9r\u00e9e des donn\u00e9es, il existe un l\u00e9ger d\u00e9calage entre Isra\u00ebl et le reste des pays : collecte entre 2006-2013 pour l\u2019Europe et entre 2009-2013 pour Isra\u00ebl.<\/strong> Source : Adaptation des graphiques 1 et 2 pp. 107-108 de A.F. CONSTANT et al. (2017) SHARE (2006-2013), 50 ans et +.[\/caption]\r\n\r\nEn Isra\u00ebl, il est intuitif que l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019am\u00e9liore progressivement avec le temps pass\u00e9 dans le pays\u00a0: au bout d\u2019un moment, si la sant\u00e9 du migrant n\u2019est pas bonne, elle s\u2019am\u00e9liore dans un pays qui offre des soins de sant\u00e9 de tr\u00e8s haute qualit\u00e9 \u00e0 tous ses citoyens. En Europe, une baisse de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des immigrants pose question, mais ce n\u2019est pas investigu\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude.\r\n\r\nPour le cas de l\u2019Europe, o\u00f9 la sant\u00e9 du migrant d\u00e9cro\u00eet pour progressivement s\u2019approcher de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des natifs, les auteurs avancent quatre hypoth\u00e8ses\u00a0:\r\n<ul>\r\n \t<li>l\u2019int\u00e9gration culturelle\u00a0: au fur et \u00e0 mesure du temps, la sant\u00e9 des migrants pourrait r\u00e9gresser par un processus naturel d\u2019adaptation des habitudes alimentaires et comportementales (processus aussi appel\u00e9 \u00ab\u00a0acculturation n\u00e9gative\u00a0\u00bb)<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>les nouveaux arrivants pourraient avoir moins recours aux soins de sant\u00e9 publics, pour diverses raisons qui ne sont pas investigu\u00e9es dans l\u2019\u00e9tude\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>\u00e0 certains moments de leur vie, ils subissent de la discrimination dans des domaines vari\u00e9s<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>\u00a0;<\/li>\r\n \t<li>ils sont \u00e9galement davantage \u00e0 subir de mauvaises conditions de travail. En effet, une proportion importante d\u2019immigr\u00e9s travaille(ra) dans des m\u00e9tiers difficiles et plus expos\u00e9s pour leur sant\u00e9<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p class=\"first-paragraph\">\u00c0 la suite de cette \u00e9tude, plusieurs questions se posent\u00a0: pourquoi les immigr\u00e9s en Europe voient-ils en moyenne leur \u00e9tat de sant\u00e9 diminuer\u00a0? Y a-t-il des solutions \u00e0 apporter\u00a0? N\u2019a-t-on pas encore de la marge pour \u00e9viter la d\u00e9t\u00e9rioration de leur \u00e9tat de sant\u00e9\u00a0?<\/p>\r\nLes pays europ\u00e9ens procurent, dans la plupart des cas, une couverture sociale et des soins de qualit\u00e9. Ce serait donc int\u00e9ressant de prolonger cette \u00e9tude au niveau des pays pour voir si cette d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des migrants est g\u00e9n\u00e9rale ou bien sp\u00e9cifique \u00e0 certains d\u2019entre eux.\r\n\r\nDe plus, la crise migratoire que l\u2019on connait depuis plusieurs ann\u00e9es pourrait avoir \u00e0 terme un effet important sur ce type d\u2019indicateurs. Les nouveaux arrivants ayant v\u00e9cu des exp\u00e9riences \u00e9prouvantes sur le plan de la sant\u00e9 physique et\/ou mentale, nous devons nous attendre \u00e0 ce qu\u2019ils connaissent, en moyenne, un \u00e9tat de sant\u00e9 moins favorable que celui des migrants arriv\u00e9s il y a dix ou vingt ans.\r\n<h2>Le bien-\u00eatre des migrants (\u00e9chelle de casp<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>)<\/h2>\r\nSe focalisant sur le bien-\u00eatre auto\u00e9valu\u00e9 des migrants comme sujet d\u2019\u00e9tude, Gregor Sand et Stefan Gruber aboutissent \u00e0 une conclusion en partie similaire \u00e0 celles du premier article\u00a0: il existe, en ce qui concerne le bien-\u00eatre ou la qualit\u00e9 de vie, une diff\u00e9rence significative entre les migrants et les natifs, bien que cette diff\u00e9rence s\u2019estompe avec le temps. Leur article est paru en 2018<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>.\r\n\r\nLes auteurs compilent les vagues 1, 2, 4 et 5 (2004-2013) de SHARE et onze pays ayant une proportion significative de r\u00e9pondants non natifs, dont la Belgique<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>.\r\n\r\nLe niveau de bien-\u00eatre auto\u00e9valu\u00e9 est estim\u00e9 au travers d\u2019un score r\u00e9sumant les r\u00e9ponses \u00e0 douze questions individuelles<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a> sur la qualit\u00e9 de vie et portant sur quatre domaines\u00a0: le sentiment de contr\u00f4le sur sa vie, celui d\u2019autonomie, celui d\u2019autor\u00e9alisation et celui du plaisir (en anglais <i>Control, Autonomy, Self-realization and Pleasure<\/i>, d\u2019o\u00f9 le nom d\u2019\u00e9chelle CASP). Un score \u00e9lev\u00e9 du CASP repr\u00e9sente une haute qualit\u00e9 de vie.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tude conclut sur un \u00e9cart significatif en termes de bien-\u00eatre entre migrants et non-migrants, \u00e9cart qui diminuerait au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es pass\u00e9es dans le pays d\u2019accueil. Cet \u00e9cart est pr\u00e9sent\u00e9 sur le <b>GRAPHIQUE\u00a029<\/b>.\r\n<h5>Graphique 29 : \u00e9volution par \u00e2ge de l\u2019indice de casp (qualit\u00e9 de vie)<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_456\" align=\"aligncenter\" width=\"1261\"]<img class=\"wp-image-456 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29.png\" alt=\"\" width=\"1261\" height=\"746\" \/> Source : Reproduction du Graphique 1, G. SAND et S. GRUBER (2018). SHARE (2004-2013), 50 ans et +.[\/caption]\r\n\r\nDeux pistes sont explor\u00e9es par les auteurs pour expliquer cette diff\u00e9rence. Son origine vient-elle des caract\u00e9ristiques individuelles des migrants et des natifs, ou de caract\u00e9ristiques propres au pays d\u2019accueil\u00a0? Ou s\u2019agit-il de l\u2019addition de ces deux facteurs\u00a0?\r\n\r\nLes auteurs penchent pour une explication alliant caract\u00e9ristiques individuelles mais \u00e9galement des caract\u00e9ristiques propres au pays. Si l\u2019on compare assez grossi\u00e8rement l\u2019ensemble des migrants de toute origine aux natifs, la diff\u00e9rence de bien-\u00eatre auto\u00e9valu\u00e9e est faible. Si en revanche nous les comparons sur la base de certaines caract\u00e9ristiques individuelles, des diff\u00e9rences plus marqu\u00e9es apparaissent.\r\n\r\nNotamment, il appara\u00eet qu\u2019avoir des difficult\u00e9s financi\u00e8res influence n\u00e9gativement le bien-\u00eatre, et que les migrants sont davantage en d\u00e9tresse financi\u00e8re que les natifs, ce qui expliquerait en partie l\u2019\u00e9cart n\u00e9gatif. Aussi, si nous regardons plus en d\u00e9tail le niveau d\u2019\u00e9ducation des migrants, ce sont ceux provenant du nord et du centre de l\u2019Europe qui ont parmi eux, compar\u00e9s aux natifs, une proportion plus importante de dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, ce qui tendrait \u00e0 expliquer un \u00e9cart positif \u00e0 leur avantage en termes de bien-\u00eatre.\r\n\r\nLe fait de r\u00e9aliser leur analyse dans un contexte multinational permet aux auteurs de prendre en compte les diff\u00e9rences institutionnelles propres \u00e0 chaque pays. Pour ce faire, ils utilisent une base de donn\u00e9es contextuelle concernant les politiques publiques cibl\u00e9es sur l\u2019int\u00e9gration de migrants, et en particulier sur les politiques de regroupement familial<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>. Celui-ci est r\u00e9sum\u00e9 par un score, indiqu\u00e9 sur le <b>TABLEAU\u00a010<\/b> pour chaque pays repris par l\u2019\u00e9tude. Plus ce score est \u00e9lev\u00e9, plus le pays a d\u00e9velopp\u00e9 une politique de regroupement familial, simple et syst\u00e9matique. \u00c0 l\u2019inverse, plus ce score est faible, plus le pays rend difficile ce regroupement familial. Les politiques concernant la migration sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes en Europe, ce qui est bien repr\u00e9sent\u00e9 sur ce tableau.\r\n<h5>Tableau 10 : politiques publiques en faveur du regroupement familial (mipex : score de 0 \u00e0 100)<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_457\" align=\"aligncenter\" width=\"1400\"]<img class=\"wp-image-457 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10.png\" alt=\"\" width=\"1400\" height=\"941\" \/> Source : G. SAND et S. GRUBER (2018). MIPEX (2007-2013).[\/caption]\r\n\r\nLe choix des politiques de regroupement familial comme indicateur n\u2019est pas contre-intuitif. Il est de fait assez logique que celui-ci puisse avoir un effet positif sur le bien-\u00eatre ou la qualit\u00e9 de vie des migrants, en particulier quand ils deviennent plus \u00e2g\u00e9s. Si cette personne a dans son entourage des membres de sa famille, il serait naturel que son bien-\u00eatre augmente. Dans tous les cas, les auteurs montrent un lien positif entre la facilit\u00e9 du regroupement familial et le bien-\u00eatre des migrants. Ce lien est repr\u00e9sent\u00e9 sur le <b>GRAPHIQUE\u00a030<\/b>.\r\n\r\nEn effet, nous pouvons observer qu\u2019une tendance positive s\u2019y dessine\u00a0: plus le score est \u00e9lev\u00e9 dans un pays, plus la diff\u00e9rence de bien-\u00eatre entre migrants et natifs est moindre et, dans certains cas, m\u00eame en faveur des migrants. Ainsi l\u2019Espagne, le pays obtenant le plus haut score de regroupement familial, est \u00e9galement le pays qui affiche la plus large diff\u00e9rence en faveur des migrants et qu\u2019\u00e0 l\u2019oppos\u00e9 le Danemark, qui ferme la marche des pays concernant ces politiques, est le pays avec la plus grande diff\u00e9rence en faveur des natifs.\r\n<h5>Graphique 30 : organisation de politiques de regroupement familial et qualit\u00e9 de vie<\/h5>\r\n[caption id=\"attachment_458\" align=\"aligncenter\" width=\"1956\"]<img class=\"wp-image-458 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30.png\" alt=\"\" width=\"1956\" height=\"990\" \/> <strong>Ce graphique met en relation le score MIPEX de facilit\u00e9 d\u2019un regroupement familial (plus le score est \u00e9lev\u00e9, vers la droite sur le graphique, plus le regroupement familial est consid\u00e9r\u00e9 comme facilit\u00e9), et le score de l\u2019\u00e9chelle de CASP qui \u00e9quivaut \u00e0 la qualit\u00e9 de vie. Le score pour CASP correspond \u00e0 la diff\u00e9rence relative entre les migrants et les natifs du pays. Si ce score est sup\u00e9rieur \u00e0 z\u00e9ro, les migrants d\u00e9clarent une meilleure qualit\u00e9 de vie que les natifs, et inversement<\/strong>. Source : Adaptation du Graphique 5, p. 58, G. SAND et S. GRUBER (2018). SHARE (2004-2013), 50 ans et +.[\/caption]\r\n\r\nParmi d\u2019autres facteurs explicatifs que ceux \u00e9voqu\u00e9s ci-dessus, les auteurs notent \u00e9galement que les migrants ayant acquis la nationalit\u00e9 du pays d\u2019accueil, ainsi que ceux ayant \u00e9migr\u00e9s \u00e0 un jeune \u00e2ge, enregistrent moins de diff\u00e9rences avec les natifs en ce qui concerne leur bien-\u00eatre.\r\n\r\nAu terme de leur \u00e9tude, les auteurs proposent notamment d\u2019am\u00e9liorer ce qui est r\u00e9alis\u00e9 concernant l\u2019int\u00e9gration des migrants, en rendant plus simples et syst\u00e9matiques leur nationalisation et r\u00e9gularisation.\r\n\r\nL\u2019exemple des politiques de regroupement familial montre le lien existant entre ceux-ci et le bien-\u00eatre des migrants, en facilitant leur int\u00e9gration sociale.\r\n\r\nDans le long terme, ils font l\u2019hypoth\u00e8se que ce regroupement familial pourrait soulager les syst\u00e8mes de protection sociale des pays de destination et \u00e9galement renforcer la coh\u00e9sion sociale.\r\n\r\nLes auteurs relativisent n\u00e9anmoins leurs r\u00e9sultats\u00a0: participer \u00e0 SHARE requiert de parler la langue du pays pour r\u00e9pondre \u00e0 des questions parfois complexes. Les migrants qui participent \u00e0 SHARE font donc, \u00e9ventuellement, partie des plus int\u00e9gr\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9.\r\n\r\nSi l\u2019on consid\u00e8re que les personnes plus int\u00e9gr\u00e9es ont plus facilement acc\u00e8s aux soins de sant\u00e9 par exemple, il est probable qu\u2019en tenant compte de l\u2019ensemble des migrants, la r\u00e9alit\u00e9 soit moins favorable que ce qui transpara\u00eet dans leurs r\u00e9sultats.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n\r\nIl existe des diff\u00e9rences significatives en termes de sant\u00e9 et de bien-\u00eatre entre les migrants et les natifs d\u2019un pays d\u2019accueil. Ces diff\u00e9rences ne sont pas toujours telles que l\u2019on pourrait imaginer. En effet, un des r\u00e9sultats des recherches d\u00e9crites ci-dessus est que les migrants arrivent en moyenne dans un \u00e9tat de sant\u00e9 meilleur que celui des natifs d\u2019un pays. Si c\u2019est le cas au niveau de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 global, \u00e7a serait l\u2019inverse concernant la qualit\u00e9 de vie, en raison de multiples facteurs.\r\n\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n<div class=\"textbox textbox--exercises\"><header class=\"textbox__header\">\r\n<p class=\"textbox__title\"><strong>L\u2019apport de SHARE pour ce sujet<\/strong><\/p>\r\n\r\n<\/header>\r\n<div class=\"textbox__content\">\r\n<ul>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Caract\u00e8re <b>longitudinal<\/b>\u00a0: les deux \u00e9tudes \u00e9tendent leurs analyses sur plusieurs vagues. La premi\u00e8re observe l\u2019<i><b>\u00e9tat de sant\u00e9<\/b><\/i> sur deux vagues (2007 et 2013 pour l\u2019Europe) et la seconde utilise les donn\u00e9es de quatre vagues (2005, 2007, 2011 et 2013) pour d\u00e9terminer les raisons des diff\u00e9rences en termes de <i><b>qualit\u00e9 de vie<\/b><\/i> entre migrants et natifs d\u2019un m\u00eame pays.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Caract\u00e8re <b>international<\/b> de l\u2019\u00e9tude\u00a0: en observant la sant\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie tant des immigr\u00e9s que des natifs de <i><b>multiples pays europ\u00e9ens<\/b><\/i>, les auteurs poursuivent une litt\u00e9rature qui confirme des <i><b>faits observ\u00e9s ailleurs<\/b><\/i>, notamment aux \u00c9tats-Unis, en Angleterre ou encore en Australie.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Deux <b>r\u00e9sultats<\/b> principaux se d\u00e9gagent\u00a0: d\u2019une part, contrairement \u00e0 ce que les pr\u00e9jug\u00e9s peuvent laisser penser, les migrants venant en Europe sont en moyenne en <i><b>meilleure sant\u00e9 que les natifs, \u00e0 leur arriv\u00e9e<\/b><\/i><b>\u00a0<\/b>; d\u2019autre part, le bien-\u00eatre des migrants est en g\u00e9n\u00e9ral moins \u00e9lev\u00e9 que le bien-\u00eatre des natifs. Mais celui-ci serait tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 la politique de regroupement familial mise en pratique dans le pays d\u2019accueil\u00a0: <i><b>plus le regroupement familial est facilit\u00e9 pour le migrant, plus l\u2019\u00e9valuation de son propre bien-\u00eatre est \u00e9lev\u00e9e<\/b><\/i>, en moyenne.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p align=\"left\">Ces r\u00e9sultats soul\u00e8vent aussi des <b>questions<\/b>\u00a0: sommes-nous r\u00e9ellement en bonne sant\u00e9 en Europe\u00a0? Peut-on apprendre des autres, et de leurs cultures, pour am\u00e9liorer nos <i><b>comportements en termes de sant\u00e9<\/b><\/i>\u00a0?<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n&nbsp;\r\n<div id=\"sdfootnote1\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> En effet, si l\u2019on suit le protocole strict de l\u2019enqu\u00eate SHARE, seules les personnes ma\u00eetrisant tr\u00e8s bien l\u2019une des langues nationales peuvent participer. Les migrants dans l\u2019enqu\u00eate SHARE ne repr\u00e9sentent tout au plus que les migrants de plus de 50\u00a0ans qui ont \u00e9migr\u00e9 pour la plupart lorsqu\u2019ils \u00e9taient plus jeunes et qui maitrisent assez bien la langue. L\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 et le niveau de bien-\u00eatre ou de qualit\u00e9 de vie des migrants pourraient donc ici \u00eatre biais\u00e9s vers le haut et ne pas correspondre parfaitement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote2\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> A.\u00a0F.\u00a0Constant, T.\u00a0Garc\u00eda-Mu\u00f1oz, Sh.\u00a0Neuman et Tz.\u00a0Neuman, \u00ab\u00a0A \u201chealthy immigrant effect\u201d or a \u201csick immigrant effect\u201d? Selection and policies matter\u00a0\u00bb, <i>European Journal of Health Economics<\/i>, 2017, 19, pp.\u00a0 103-121.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote3\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> Les pays \u00e9tudi\u00e9s sont\u00a0: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, France, Gr\u00e8ce, Isra\u00ebl, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Slov\u00e9nie, Su\u00e8de, Suisse, et Tch\u00e9quie. Les donn\u00e9es pour Isra\u00ebl couvrent la p\u00e9riode 2009-2013.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote4\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> G.\u00a0Jasso, D.\u00a0S.\u00a0Massey, M.\u00a0R.\u00a0Rosenzweig et J.\u00a0P.\u00a0Smith, \u00ab\u00a0Immigrant health: selectivity and acculturation\u00a0\u00bb, in N.B.\u00a0Anderson, R.A.\u00a0Bulatao et B.\u00a0Cohen (eds), <i>Critical perspectives on racial and ethnic differences in health in late life<\/i>, National Academies Press, Washington, DC, 2004, pp.\u00a0227-266.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote5\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> N.\u00a0J.\u00a0Grove et A.\u00a0B.\u00a0Zwi, \u00ab\u00a0Our health and theirs: forced migration, othering, and public health\u00a0\u00bb, <i>Social Science &amp; Medicine<\/i>, 2006, 62, pp.\u00a01931-1942.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote6\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> P.\u00a0M.\u00a0Orrenius et M.\u00a0Zavodny, \u00ab\u00a0Do immigrants work in riskier jobs?\u00a0\u00bb, <i>Demography<\/i>, 2009, 46\u00a0(3), pp.\u00a0535-551.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote7\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> M.\u00a0Hyde, R.\u00a0D.\u00a0Wiggins, P.\u00a0Higgs et D.\u00a0B.\u00a0Blane, \u00ab\u00a0A measure of quality of life in early old age: the theory, development and properties of a needs satisfaction model (CASP-19)\u00a0\u00bb, <i>Ageing Mental Health<\/i>, 2003, pp.\u00a0199-203.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote8\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> Gr.\u00a0Sand et St.\u00a0Gruber, \u00ab\u00a0Differences in Subjective Well-being Between Older Migrants and Natives in Europe\u00a0\u00bb, <i>Journal Immigrant Minority Health<\/i>, 2018, 20, pp.\u00a083-90, DOI\u00a010.1007\/s10903-016-0537-5.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote9\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> Il s\u2019agit de\u00a0: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Su\u00e8de et Suisse.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote10\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> L\u2019\u00e9chelle de CASP est originellement articul\u00e9e autour de 19\u00a0questions. Depuis la premi\u00e8re vague de SHARE, cette \u00e9chelle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9e pour contenir les 3\u00a0questions principales de chaque domaine, reprenant ainsi 12\u00a0questions au total.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div id=\"sdfootnote11\">\r\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> Cette base de donn\u00e9es est le <i>Migrant Integration Policy Index<\/i> (MIPEX), une \u00e9tude collaborative de 25\u00a0organisations qui a d\u00e9but\u00e9 en 2004. Diff\u00e9rents indices le composent, les auteurs ne gardent que celui du regroupement familial, qui semble \u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus important de l\u2019indice global. R\u00e9f\u00e9rence utile\u00a0: Th.\u00a0Huddleston, \u00d6.\u00a0Bilgili, A.-L.\u00a0Joki et Z.\u00a0Vankova, <i>Migrant integration policy index 2015<\/i>, Barcelona-Brussels, CIDOB et MPG, 2015.<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<p>Plusieurs raisons font que l\u2019on quitte, volontairement ou non, son pays d\u2019origine. Que ce soit pour \u00e9viter des conflits ou pour chercher de meilleures opportunit\u00e9s, la vie d\u2019un migrant est sem\u00e9e d\u2019embuches\u00a0: repartir de z\u00e9ro, apprendre une nouvelle langue, se constituer un nouveau r\u00e9seau social, comprendre les particularit\u00e9s institutionnelles du pays, etc. Ce parcours d\u2019obstacles a-t-il un effet n\u00e9gatif sur la sant\u00e9 des migrants\u00a0? Sont-ils en moins bonne sant\u00e9 que les habitants du pays d\u2019accueil\u00a0?<\/p>\n<p>Deux recherches exploitant les donn\u00e9es de SHARE \u00e9tudient l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 et le bien-\u00eatre des migrants \u00e2g\u00e9s de 50\u00a0ans et plus qui, pour la plupart, sont r\u00e9sidents du pays d\u2019accueil depuis de nombreuses ann\u00e9es<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\" id=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. En analysant de nombreux aspects de leur vie, les auteurs montrent l\u2019existence de diff\u00e9rences significatives entre migrants et natifs des pays d\u2019accueil. Ces deux recherches sont pr\u00e9sent\u00e9es dans ce chapitre.<\/p>\n<h2>La sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e des migrants<\/h2>\n<p>Am\u00e9lie F. Constant et ses coauteurs ont compar\u00e9, dans une recherche parue en 2017<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\" id=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des migrants avec celui des natifs dans chaque pays, et analysent la fa\u00e7on dont celui-ci peut varier en fonction du temps pass\u00e9 dans le pays d\u2019accueil.<\/p>\n<p>En utilisant les donn\u00e9es de deux vagues de l\u2019enqu\u00eate SHARE couvrant la p\u00e9riode 2007-2013 pour l\u2019Europe et Isra\u00ebl<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\" id=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>, les auteurs observent que les migrants arrivant en Europe sont en moyenne en meilleure sant\u00e9 que les natifs. Pour essayer d\u2019expliquer l\u2019origine de cet avantage, les auteurs \u00e9mettent plusieurs hypoth\u00e8ses\u00a0:<\/p>\n<ol type=\"i\">\n<li value=\"1\">motivation et ressources financi\u00e8res\u00a0: les personnes qui d\u00e9cident de migrer sont les plus motiv\u00e9es, et celles qui y parviennent ont g\u00e9n\u00e9ralement davantage de ressources financi\u00e8res. Ce dernier \u00e9l\u00e9ment est par ailleurs positivement corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 un bon \u00e9tat de sant\u00e9. Les politiques publiques \u00e9labor\u00e9es par le pays d\u2019accueil et destin\u00e9es aux migrants potentiels, en dehors des r\u00e9fugi\u00e9s, filtrent davantage les nouveaux arrivants\u00a0: pr\u00e9requis de dipl\u00f4me, d\u2019un minimum de ressources financi\u00e8res, etc. Les personnes qui correspondent \u00e0 ces crit\u00e8res ont en g\u00e9n\u00e9ral un niveau de sant\u00e9 sup\u00e9rieur aux autres\u00a0;<\/li>\n<li>selon le pays, des v\u00e9rifications additionnelles peuvent \u00eatre organis\u00e9es lors de l\u2019arriv\u00e9e du migrant. Par exemple pour emp\u00eacher que certains d\u2019entre eux apportent des maladies inexistantes sur le territoire du pays d\u2019accueil\u00a0;<\/li>\n<li>les habitudes alimentaires et comportementales des migrants, acquises dans le pays et la culture d\u2019origine, sont dans certains cas, du point de vue sanitaire, meilleures que celles du pays d\u2019accueil.<\/li>\n<\/ol>\n<p class=\"first-paragraph\">Dans leur \u00e9tude, les chercheurs font la distinction entre les r\u00e9sultats qu\u2019ils obtiennent entre les pays europ\u00e9ens et Isra\u00ebl, en tant que pays de destination des migrants. Ils montrent que les politiques publiques cibl\u00e9es sur la migration y sont fondamentalement oppos\u00e9es et que cela a des cons\u00e9quences sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 relatif observ\u00e9 entre migrants et autochtones au sein de la population \u00e2g\u00e9e de 50\u00a0ans et plus.<\/p>\n<p>Pour les pays europ\u00e9ens analys\u00e9s, les trois hypoth\u00e8ses mentionn\u00e9es auparavant seraient dans la majorit\u00e9 des cas confirm\u00e9es, bien qu\u2019\u00e0 des degr\u00e9s divers. En revanche, dans le cas d\u2019Isra\u00ebl, la situation est fort diff\u00e9rente, due \u00e0 la politique dite de la \u00ab\u00a0Loi du retour\u00a0\u00bb, qui permet \u00e0 chaque personne d\u2019origine juive, en ce compris l\u2019\u00e9poux(se), enfants, beaux-enfants, etc., d\u2019aller vivre sur le territoire d\u2019Isra\u00ebl avec un statut de citoyen sans aucun pr\u00e9requis d\u2019aucune sorte. Les observations des auteurs pour ce pays sont donc plus pessimistes\u00a0: les migrants arriv\u00e9s ces derni\u00e8res d\u00e9cennies sont, en moyenne, en moins bonne sant\u00e9 que les personnes qui y r\u00e9sident depuis leur naissance.<\/p>\n<p>Le <b>GRAPHIQUE\u00a028<\/b> reprend l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 auto\u00e9valu\u00e9e des personnes vivant en Europe\u00a0(<b>a<\/b>) ou en Isra\u00ebl\u00a0(<b>b<\/b>) selon leur statut de natif ou d\u2019ancien immigr\u00e9. S\u2019ils ont immigr\u00e9 dans ces r\u00e9gions, nous les distinguons en fonction du nombre d\u2019ann\u00e9es v\u00e9cues sur le territoire pour observer les diff\u00e9rences en termes d\u2019\u00e9tat de sant\u00e9. Les personnes \u00e9valuent leur \u00e9tat de sant\u00e9 dans l\u2019une des cinq cat\u00e9gories propos\u00e9es, de \u00ab\u00a0mauvais\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0excellent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces distributions r\u00e9v\u00e8lent que les immigr\u00e9s arriv\u00e9s en Isra\u00ebl depuis moins de 20\u00a0ans sont en moins bonne sant\u00e9 que les autres\u00a0: pr\u00e8s de 80\u00a0% des immigr\u00e9s d\u00e9clarent en effet un \u00e9tat de sant\u00e9 m\u00e9diocre ou au mieux acceptable. En revanche, il semble que leur \u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019am\u00e9liore progressivement et que les diff\u00e9rences s\u2019estompent pour les personnes qui ont immigr\u00e9 depuis plus longtemps. En effet, la distribution devient presque identique \u00e0 celle des natifs, dont l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 est davantage distribu\u00e9 vers le milieu-droit du graphique.<\/p>\n<p>En Europe, les diff\u00e9rences ne sont pas aussi nettes. Nous pouvons voir que les immigr\u00e9s arrivent l\u00e9g\u00e8rement en meilleure sant\u00e9 que les natifs, en moyenne\u00a0: ils sont relativement plus nombreux \u00e0 se d\u00e9clarer en \u00ab\u00a0tr\u00e8s bonne\u00a0\u00bb et en \u00ab\u00a0excellente\u00a0\u00bb sant\u00e9, lorsqu\u2019ils sont dans le pays depuis moins de dix ans. \u00c0 l\u2019instar du processus en Isra\u00ebl, les immigr\u00e9s en Europe rejoignent progressivement l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des natifs, et deviennent m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement en moins bonne sant\u00e9 que ces derniers si leur migration date de plus de vingt ans.<\/p>\n<h5>Graphique 28 : immigration et \u00e9tat de sant\u00e9<\/h5>\n<figure id=\"attachment_454\" aria-describedby=\"caption-attachment-454\" style=\"width: 2053px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-454 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28.png\" alt=\"\" width=\"2053\" height=\"1169\" srcset=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28.png 2053w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-300x171.png 300w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-1024x583.png 1024w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-768x437.png 768w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-1536x875.png 1536w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-2048x1166.png 2048w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-65x37.png 65w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-225x128.png 225w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique28-350x199.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 2053px) 100vw, 2053px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-454\" class=\"wp-caption-text\"><strong>D\u00fb \u00e0 une collecte diff\u00e9r\u00e9e des donn\u00e9es, il existe un l\u00e9ger d\u00e9calage entre Isra\u00ebl et le reste des pays : collecte entre 2006-2013 pour l\u2019Europe et entre 2009-2013 pour Isra\u00ebl.<\/strong> Source : Adaptation des graphiques 1 et 2 pp. 107-108 de A.F. CONSTANT et al. (2017) SHARE (2006-2013), 50 ans et +.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En Isra\u00ebl, il est intuitif que l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019am\u00e9liore progressivement avec le temps pass\u00e9 dans le pays\u00a0: au bout d\u2019un moment, si la sant\u00e9 du migrant n\u2019est pas bonne, elle s\u2019am\u00e9liore dans un pays qui offre des soins de sant\u00e9 de tr\u00e8s haute qualit\u00e9 \u00e0 tous ses citoyens. En Europe, une baisse de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des immigrants pose question, mais ce n\u2019est pas investigu\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Pour le cas de l\u2019Europe, o\u00f9 la sant\u00e9 du migrant d\u00e9cro\u00eet pour progressivement s\u2019approcher de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des natifs, les auteurs avancent quatre hypoth\u00e8ses\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019int\u00e9gration culturelle\u00a0: au fur et \u00e0 mesure du temps, la sant\u00e9 des migrants pourrait r\u00e9gresser par un processus naturel d\u2019adaptation des habitudes alimentaires et comportementales (processus aussi appel\u00e9 \u00ab\u00a0acculturation n\u00e9gative\u00a0\u00bb)<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\" id=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00a0;<\/li>\n<li>les nouveaux arrivants pourraient avoir moins recours aux soins de sant\u00e9 publics, pour diverses raisons qui ne sont pas investigu\u00e9es dans l\u2019\u00e9tude\u00a0;<\/li>\n<li>\u00e0 certains moments de leur vie, ils subissent de la discrimination dans des domaines vari\u00e9s<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\" id=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>\u00a0;<\/li>\n<li>ils sont \u00e9galement davantage \u00e0 subir de mauvaises conditions de travail. En effet, une proportion importante d\u2019immigr\u00e9s travaille(ra) dans des m\u00e9tiers difficiles et plus expos\u00e9s pour leur sant\u00e9<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\" id=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"first-paragraph\">\u00c0 la suite de cette \u00e9tude, plusieurs questions se posent\u00a0: pourquoi les immigr\u00e9s en Europe voient-ils en moyenne leur \u00e9tat de sant\u00e9 diminuer\u00a0? Y a-t-il des solutions \u00e0 apporter\u00a0? N\u2019a-t-on pas encore de la marge pour \u00e9viter la d\u00e9t\u00e9rioration de leur \u00e9tat de sant\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Les pays europ\u00e9ens procurent, dans la plupart des cas, une couverture sociale et des soins de qualit\u00e9. Ce serait donc int\u00e9ressant de prolonger cette \u00e9tude au niveau des pays pour voir si cette d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des migrants est g\u00e9n\u00e9rale ou bien sp\u00e9cifique \u00e0 certains d\u2019entre eux.<\/p>\n<p>De plus, la crise migratoire que l\u2019on connait depuis plusieurs ann\u00e9es pourrait avoir \u00e0 terme un effet important sur ce type d\u2019indicateurs. Les nouveaux arrivants ayant v\u00e9cu des exp\u00e9riences \u00e9prouvantes sur le plan de la sant\u00e9 physique et\/ou mentale, nous devons nous attendre \u00e0 ce qu\u2019ils connaissent, en moyenne, un \u00e9tat de sant\u00e9 moins favorable que celui des migrants arriv\u00e9s il y a dix ou vingt ans.<\/p>\n<h2>Le bien-\u00eatre des migrants (\u00e9chelle de casp<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\" id=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>)<\/h2>\n<p>Se focalisant sur le bien-\u00eatre auto\u00e9valu\u00e9 des migrants comme sujet d\u2019\u00e9tude, Gregor Sand et Stefan Gruber aboutissent \u00e0 une conclusion en partie similaire \u00e0 celles du premier article\u00a0: il existe, en ce qui concerne le bien-\u00eatre ou la qualit\u00e9 de vie, une diff\u00e9rence significative entre les migrants et les natifs, bien que cette diff\u00e9rence s\u2019estompe avec le temps. Leur article est paru en 2018<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\" id=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Les auteurs compilent les vagues 1, 2, 4 et 5 (2004-2013) de SHARE et onze pays ayant une proportion significative de r\u00e9pondants non natifs, dont la Belgique<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\" id=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Le niveau de bien-\u00eatre auto\u00e9valu\u00e9 est estim\u00e9 au travers d\u2019un score r\u00e9sumant les r\u00e9ponses \u00e0 douze questions individuelles<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\" id=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a> sur la qualit\u00e9 de vie et portant sur quatre domaines\u00a0: le sentiment de contr\u00f4le sur sa vie, celui d\u2019autonomie, celui d\u2019autor\u00e9alisation et celui du plaisir (en anglais <i>Control, Autonomy, Self-realization and Pleasure<\/i>, d\u2019o\u00f9 le nom d\u2019\u00e9chelle CASP). Un score \u00e9lev\u00e9 du CASP repr\u00e9sente une haute qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude conclut sur un \u00e9cart significatif en termes de bien-\u00eatre entre migrants et non-migrants, \u00e9cart qui diminuerait au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es pass\u00e9es dans le pays d\u2019accueil. Cet \u00e9cart est pr\u00e9sent\u00e9 sur le <b>GRAPHIQUE\u00a029<\/b>.<\/p>\n<h5>Graphique 29 : \u00e9volution par \u00e2ge de l\u2019indice de casp (qualit\u00e9 de vie)<\/h5>\n<figure id=\"attachment_456\" aria-describedby=\"caption-attachment-456\" style=\"width: 1261px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-456 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29.png\" alt=\"\" width=\"1261\" height=\"746\" srcset=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29.png 1261w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29-300x177.png 300w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29-1024x606.png 1024w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29-768x454.png 768w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29-65x38.png 65w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29-225x133.png 225w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique29-350x207.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1261px) 100vw, 1261px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-456\" class=\"wp-caption-text\">Source : Reproduction du Graphique 1, G. SAND et S. GRUBER (2018). SHARE (2004-2013), 50 ans et +.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Deux pistes sont explor\u00e9es par les auteurs pour expliquer cette diff\u00e9rence. Son origine vient-elle des caract\u00e9ristiques individuelles des migrants et des natifs, ou de caract\u00e9ristiques propres au pays d\u2019accueil\u00a0? Ou s\u2019agit-il de l\u2019addition de ces deux facteurs\u00a0?<\/p>\n<p>Les auteurs penchent pour une explication alliant caract\u00e9ristiques individuelles mais \u00e9galement des caract\u00e9ristiques propres au pays. Si l\u2019on compare assez grossi\u00e8rement l\u2019ensemble des migrants de toute origine aux natifs, la diff\u00e9rence de bien-\u00eatre auto\u00e9valu\u00e9e est faible. Si en revanche nous les comparons sur la base de certaines caract\u00e9ristiques individuelles, des diff\u00e9rences plus marqu\u00e9es apparaissent.<\/p>\n<p>Notamment, il appara\u00eet qu\u2019avoir des difficult\u00e9s financi\u00e8res influence n\u00e9gativement le bien-\u00eatre, et que les migrants sont davantage en d\u00e9tresse financi\u00e8re que les natifs, ce qui expliquerait en partie l\u2019\u00e9cart n\u00e9gatif. Aussi, si nous regardons plus en d\u00e9tail le niveau d\u2019\u00e9ducation des migrants, ce sont ceux provenant du nord et du centre de l\u2019Europe qui ont parmi eux, compar\u00e9s aux natifs, une proportion plus importante de dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, ce qui tendrait \u00e0 expliquer un \u00e9cart positif \u00e0 leur avantage en termes de bien-\u00eatre.<\/p>\n<p>Le fait de r\u00e9aliser leur analyse dans un contexte multinational permet aux auteurs de prendre en compte les diff\u00e9rences institutionnelles propres \u00e0 chaque pays. Pour ce faire, ils utilisent une base de donn\u00e9es contextuelle concernant les politiques publiques cibl\u00e9es sur l\u2019int\u00e9gration de migrants, et en particulier sur les politiques de regroupement familial<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\" id=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>. Celui-ci est r\u00e9sum\u00e9 par un score, indiqu\u00e9 sur le <b>TABLEAU\u00a010<\/b> pour chaque pays repris par l\u2019\u00e9tude. Plus ce score est \u00e9lev\u00e9, plus le pays a d\u00e9velopp\u00e9 une politique de regroupement familial, simple et syst\u00e9matique. \u00c0 l\u2019inverse, plus ce score est faible, plus le pays rend difficile ce regroupement familial. Les politiques concernant la migration sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes en Europe, ce qui est bien repr\u00e9sent\u00e9 sur ce tableau.<\/p>\n<h5>Tableau 10 : politiques publiques en faveur du regroupement familial (mipex : score de 0 \u00e0 100)<\/h5>\n<figure id=\"attachment_457\" aria-describedby=\"caption-attachment-457\" style=\"width: 1400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-457 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10.png\" alt=\"\" width=\"1400\" height=\"941\" srcset=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10.png 1400w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10-300x202.png 300w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10-1024x688.png 1024w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10-768x516.png 768w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10-65x44.png 65w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10-225x151.png 225w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/tableau10-350x235.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1400px) 100vw, 1400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-457\" class=\"wp-caption-text\">Source : G. SAND et S. GRUBER (2018). MIPEX (2007-2013).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le choix des politiques de regroupement familial comme indicateur n\u2019est pas contre-intuitif. Il est de fait assez logique que celui-ci puisse avoir un effet positif sur le bien-\u00eatre ou la qualit\u00e9 de vie des migrants, en particulier quand ils deviennent plus \u00e2g\u00e9s. Si cette personne a dans son entourage des membres de sa famille, il serait naturel que son bien-\u00eatre augmente. Dans tous les cas, les auteurs montrent un lien positif entre la facilit\u00e9 du regroupement familial et le bien-\u00eatre des migrants. Ce lien est repr\u00e9sent\u00e9 sur le <b>GRAPHIQUE\u00a030<\/b>.<\/p>\n<p>En effet, nous pouvons observer qu\u2019une tendance positive s\u2019y dessine\u00a0: plus le score est \u00e9lev\u00e9 dans un pays, plus la diff\u00e9rence de bien-\u00eatre entre migrants et natifs est moindre et, dans certains cas, m\u00eame en faveur des migrants. Ainsi l\u2019Espagne, le pays obtenant le plus haut score de regroupement familial, est \u00e9galement le pays qui affiche la plus large diff\u00e9rence en faveur des migrants et qu\u2019\u00e0 l\u2019oppos\u00e9 le Danemark, qui ferme la marche des pays concernant ces politiques, est le pays avec la plus grande diff\u00e9rence en faveur des natifs.<\/p>\n<h5>Graphique 30 : organisation de politiques de regroupement familial et qualit\u00e9 de vie<\/h5>\n<figure id=\"attachment_458\" aria-describedby=\"caption-attachment-458\" style=\"width: 1956px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-458 size-full\" src=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30.png\" alt=\"\" width=\"1956\" height=\"990\" srcset=\"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30.png 1956w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-300x152.png 300w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-1024x518.png 1024w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-768x389.png 768w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-1536x777.png 1536w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-65x33.png 65w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-225x114.png 225w, https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2021\/04\/graphique30-350x177.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1956px) 100vw, 1956px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-458\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Ce graphique met en relation le score MIPEX de facilit\u00e9 d\u2019un regroupement familial (plus le score est \u00e9lev\u00e9, vers la droite sur le graphique, plus le regroupement familial est consid\u00e9r\u00e9 comme facilit\u00e9), et le score de l\u2019\u00e9chelle de CASP qui \u00e9quivaut \u00e0 la qualit\u00e9 de vie. Le score pour CASP correspond \u00e0 la diff\u00e9rence relative entre les migrants et les natifs du pays. Si ce score est sup\u00e9rieur \u00e0 z\u00e9ro, les migrants d\u00e9clarent une meilleure qualit\u00e9 de vie que les natifs, et inversement<\/strong>. Source : Adaptation du Graphique 5, p. 58, G. SAND et S. GRUBER (2018). SHARE (2004-2013), 50 ans et +.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Parmi d\u2019autres facteurs explicatifs que ceux \u00e9voqu\u00e9s ci-dessus, les auteurs notent \u00e9galement que les migrants ayant acquis la nationalit\u00e9 du pays d\u2019accueil, ainsi que ceux ayant \u00e9migr\u00e9s \u00e0 un jeune \u00e2ge, enregistrent moins de diff\u00e9rences avec les natifs en ce qui concerne leur bien-\u00eatre.<\/p>\n<p>Au terme de leur \u00e9tude, les auteurs proposent notamment d\u2019am\u00e9liorer ce qui est r\u00e9alis\u00e9 concernant l\u2019int\u00e9gration des migrants, en rendant plus simples et syst\u00e9matiques leur nationalisation et r\u00e9gularisation.<\/p>\n<p>L\u2019exemple des politiques de regroupement familial montre le lien existant entre ceux-ci et le bien-\u00eatre des migrants, en facilitant leur int\u00e9gration sociale.<\/p>\n<p>Dans le long terme, ils font l\u2019hypoth\u00e8se que ce regroupement familial pourrait soulager les syst\u00e8mes de protection sociale des pays de destination et \u00e9galement renforcer la coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n<p>Les auteurs relativisent n\u00e9anmoins leurs r\u00e9sultats\u00a0: participer \u00e0 SHARE requiert de parler la langue du pays pour r\u00e9pondre \u00e0 des questions parfois complexes. Les migrants qui participent \u00e0 SHARE font donc, \u00e9ventuellement, partie des plus int\u00e9gr\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re que les personnes plus int\u00e9gr\u00e9es ont plus facilement acc\u00e8s aux soins de sant\u00e9 par exemple, il est probable qu\u2019en tenant compte de l\u2019ensemble des migrants, la r\u00e9alit\u00e9 soit moins favorable que ce qui transpara\u00eet dans leurs r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--key-takeaways\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<p>Il existe des diff\u00e9rences significatives en termes de sant\u00e9 et de bien-\u00eatre entre les migrants et les natifs d\u2019un pays d\u2019accueil. Ces diff\u00e9rences ne sont pas toujours telles que l\u2019on pourrait imaginer. En effet, un des r\u00e9sultats des recherches d\u00e9crites ci-dessus est que les migrants arrivent en moyenne dans un \u00e9tat de sant\u00e9 meilleur que celui des natifs d\u2019un pays. Si c\u2019est le cas au niveau de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 global, \u00e7a serait l\u2019inverse concernant la qualit\u00e9 de vie, en raison de multiples facteurs.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"textbox textbox--exercises\">\n<header class=\"textbox__header\">\n<p class=\"textbox__title\"><strong>L\u2019apport de SHARE pour ce sujet<\/strong><\/p>\n<\/header>\n<div class=\"textbox__content\">\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Caract\u00e8re <b>longitudinal<\/b>\u00a0: les deux \u00e9tudes \u00e9tendent leurs analyses sur plusieurs vagues. La premi\u00e8re observe l\u2019<i><b>\u00e9tat de sant\u00e9<\/b><\/i> sur deux vagues (2007 et 2013 pour l\u2019Europe) et la seconde utilise les donn\u00e9es de quatre vagues (2005, 2007, 2011 et 2013) pour d\u00e9terminer les raisons des diff\u00e9rences en termes de <i><b>qualit\u00e9 de vie<\/b><\/i> entre migrants et natifs d\u2019un m\u00eame pays.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Caract\u00e8re <b>international<\/b> de l\u2019\u00e9tude\u00a0: en observant la sant\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie tant des immigr\u00e9s que des natifs de <i><b>multiples pays europ\u00e9ens<\/b><\/i>, les auteurs poursuivent une litt\u00e9rature qui confirme des <i><b>faits observ\u00e9s ailleurs<\/b><\/i>, notamment aux \u00c9tats-Unis, en Angleterre ou encore en Australie.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Deux <b>r\u00e9sultats<\/b> principaux se d\u00e9gagent\u00a0: d\u2019une part, contrairement \u00e0 ce que les pr\u00e9jug\u00e9s peuvent laisser penser, les migrants venant en Europe sont en moyenne en <i><b>meilleure sant\u00e9 que les natifs, \u00e0 leur arriv\u00e9e<\/b><\/i><b>\u00a0<\/b>; d\u2019autre part, le bien-\u00eatre des migrants est en g\u00e9n\u00e9ral moins \u00e9lev\u00e9 que le bien-\u00eatre des natifs. Mais celui-ci serait tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 la politique de regroupement familial mise en pratique dans le pays d\u2019accueil\u00a0: <i><b>plus le regroupement familial est facilit\u00e9 pour le migrant, plus l\u2019\u00e9valuation de son propre bien-\u00eatre est \u00e9lev\u00e9e<\/b><\/i>, en moyenne.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"text-align: left;\">Ces r\u00e9sultats soul\u00e8vent aussi des <b>questions<\/b>\u00a0: sommes-nous r\u00e9ellement en bonne sant\u00e9 en Europe\u00a0? Peut-on apprendre des autres, et de leurs cultures, pour am\u00e9liorer nos <i><b>comportements en termes de sant\u00e9<\/b><\/i>\u00a0?<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\" id=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> En effet, si l\u2019on suit le protocole strict de l\u2019enqu\u00eate SHARE, seules les personnes ma\u00eetrisant tr\u00e8s bien l\u2019une des langues nationales peuvent participer. Les migrants dans l\u2019enqu\u00eate SHARE ne repr\u00e9sentent tout au plus que les migrants de plus de 50\u00a0ans qui ont \u00e9migr\u00e9 pour la plupart lorsqu\u2019ils \u00e9taient plus jeunes et qui maitrisent assez bien la langue. L\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 et le niveau de bien-\u00eatre ou de qualit\u00e9 de vie des migrants pourraient donc ici \u00eatre biais\u00e9s vers le haut et ne pas correspondre parfaitement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\" id=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> A.\u00a0F.\u00a0Constant, T.\u00a0Garc\u00eda-Mu\u00f1oz, Sh.\u00a0Neuman et Tz.\u00a0Neuman, \u00ab\u00a0A \u201chealthy immigrant effect\u201d or a \u201csick immigrant effect\u201d? Selection and policies matter\u00a0\u00bb, <i>European Journal of Health Economics<\/i>, 2017, 19, pp.\u00a0 103-121.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\" id=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> Les pays \u00e9tudi\u00e9s sont\u00a0: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, France, Gr\u00e8ce, Isra\u00ebl, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Slov\u00e9nie, Su\u00e8de, Suisse, et Tch\u00e9quie. Les donn\u00e9es pour Isra\u00ebl couvrent la p\u00e9riode 2009-2013.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\" id=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> G.\u00a0Jasso, D.\u00a0S.\u00a0Massey, M.\u00a0R.\u00a0Rosenzweig et J.\u00a0P.\u00a0Smith, \u00ab\u00a0Immigrant health: selectivity and acculturation\u00a0\u00bb, in N.B.\u00a0Anderson, R.A.\u00a0Bulatao et B.\u00a0Cohen (eds), <i>Critical perspectives on racial and ethnic differences in health in late life<\/i>, National Academies Press, Washington, DC, 2004, pp.\u00a0227-266.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\" id=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> N.\u00a0J.\u00a0Grove et A.\u00a0B.\u00a0Zwi, \u00ab\u00a0Our health and theirs: forced migration, othering, and public health\u00a0\u00bb, <i>Social Science &amp; Medicine<\/i>, 2006, 62, pp.\u00a01931-1942.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\" id=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> P.\u00a0M.\u00a0Orrenius et M.\u00a0Zavodny, \u00ab\u00a0Do immigrants work in riskier jobs?\u00a0\u00bb, <i>Demography<\/i>, 2009, 46\u00a0(3), pp.\u00a0535-551.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\" id=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> M.\u00a0Hyde, R.\u00a0D.\u00a0Wiggins, P.\u00a0Higgs et D.\u00a0B.\u00a0Blane, \u00ab\u00a0A measure of quality of life in early old age: the theory, development and properties of a needs satisfaction model (CASP-19)\u00a0\u00bb, <i>Ageing Mental Health<\/i>, 2003, pp.\u00a0199-203.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\" id=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> Gr.\u00a0Sand et St.\u00a0Gruber, \u00ab\u00a0Differences in Subjective Well-being Between Older Migrants and Natives in Europe\u00a0\u00bb, <i>Journal Immigrant Minority Health<\/i>, 2018, 20, pp.\u00a083-90, DOI\u00a010.1007\/s10903-016-0537-5.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\" id=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> Il s\u2019agit de\u00a0: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Su\u00e8de et Suisse.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\" id=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> L\u2019\u00e9chelle de CASP est originellement articul\u00e9e autour de 19\u00a0questions. Depuis la premi\u00e8re vague de SHARE, cette \u00e9chelle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9e pour contenir les 3\u00a0questions principales de chaque domaine, reprenant ainsi 12\u00a0questions au total.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\" id=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> Cette base de donn\u00e9es est le <i>Migrant Integration Policy Index<\/i> (MIPEX), une \u00e9tude collaborative de 25\u00a0organisations qui a d\u00e9but\u00e9 en 2004. Diff\u00e9rents indices le composent, les auteurs ne gardent que celui du regroupement familial, qui semble \u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus important de l\u2019indice global. R\u00e9f\u00e9rence utile\u00a0: Th.\u00a0Huddleston, \u00d6.\u00a0Bilgili, A.-L.\u00a0Joki et Z.\u00a0Vankova, <i>Migrant integration policy index 2015<\/i>, Barcelona-Brussels, CIDOB et MPG, 2015.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":3,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-253","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":225,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/253","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/253\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":818,"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/253\/revisions\/818"}],"part":[{"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/225"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/253\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=253"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=253"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=253"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/test.e-publish.uliege.be\/50ans\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=253"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}